Hello world!
7 September 2020
La Classification des Entreprises au Maroc : Un Cabinet de confiance
6 December 2023Le système de qualification et classification (Q&C) des entreprises BTP au Maroc est un dispositif officiel instauré par le décret n° 2-94-223 du 16 juin 1994. Il couvre 19 secteurs d’activités et 115 qualifications. Les classes vont de 1 à 5, avec une classe S réservée aux grands groupes. C’est la DATRP (Direction des Affaires Techniques et de la Relation avec la Profession), rattachée au Ministère de l’Équipement, qui gère ce système en partenariat avec la FNBTP.
Ce qu’il faut retenir :
- Obligatoire pour soumissionner aux marchés publics BTP au-delà de certains seuils
- Certificat valable 3 ans, renouvelable
- Délai réglementaire de délivrance : 60 jours après dépôt d’un dossier complet
- Possible dans plusieurs secteurs simultanément
Qu’est-ce que la qualification et classification BTP au Maroc ?
La qualification et classification des entreprises de bâtiment et travaux publics est un outil de présélection officiel. Il permet aux maîtres d’ouvrage publics de s’assurer que les entreprises soumissionnaires ont les capacités réelles pour exécuter un marché.
Deux opérations distinctes, menées dans le même dossier :
- La qualification : reconnaissance de l’aptitude qualitative de l’entreprise à réaliser des travaux dans un secteur précis. Elle s’appuie sur les références techniques, les moyens humains et le matériel disponible.
- La classification : reconnaissance de la capacité quantitative, c’est-à-dire le volume financier maximal de marchés que l’entreprise peut exécuter annuellement.
Base légale : le décret n° 2-94-223 du 16 juin 1994, complété par l’arrêté n° 3289-17 du 4 décembre 2017 qui fixe les montants annuels maximaux par classe et par secteur.
Qui gère le système ? La DATRP, en partenariat avec la FNBTP (Fédération Nationale du Bâtiment et des Travaux Publics). La commission nationale Q&C, présidée par la DATRP, statue sur chaque dossier.
Le certificat Q&C est obligatoire pour les marchés publics dépassant les seuils fixés par secteur. Pour les marchés privés, il reste facultatif mais constitue un vrai signal de crédibilité auprès des donneurs d’ordre.

Les classes BTP : de 1 à 5 et la classe S
Les classes expriment la capacité financière et productive de l’entreprise. Plus la classe est élevée (dans la numérotation), plus l’entreprise est petite. La classe S est la plus haute.
| Classe | Profil de l’entreprise | Accès aux marchés publics BTP |
|---|---|---|
| Classe S | Très grande entreprise (7 ans min. d’existence) | Marchés illimités en montant |
| Classe 1 | Grande entreprise, fort chiffre d’affaires (5 ans min.) | Grands marchés publics |
| Classe 2 | Entreprise structurée, bonne capacité financière (3 ans min.) | Marchés importants |
| Classe 3 | Entreprise établie, références solides | Marchés intermédiaires |
| Classe 4 | Entreprise en développement, références limitées | Marchés de montant modéré |
| Classe 5 | Petite entreprise, débutante ou peu référencée | Marchés de faible montant |
La classe S n’existe que pour 4 secteurs : Construction (A), Travaux routiers (B), Eau potable et assainissement (C), Barrages et ouvrages hydrauliques (F).
Vous ne savez pas quelle classe viser ? Contactez Locost pour une analyse gratuite de votre situation.
Les 19 secteurs d’activités couverts
Le décret n° 2-94-223 structure les qualifications en 19 secteurs, identifiés de A à S, pour un total de 115 qualifications distinctes.
| Secteur | Intitulé | Classes disponibles |
|---|---|---|
| A | Construction (bâtiment, génie civil, terrassements) | S, 1, 2, 3, 4, 5 |
| B | Travaux routiers et voirie urbaine | S, 1, 2, 3, 4, 5 |
| C | Eau potable, assainissement, conduites, canaux | S, 1, 2, 3, 4, 5 |
| D | Construction d’ouvrages d’art | 1, 2, 3, 4, 5 |
| E | Travaux maritimes et fluviaux | 1, 2, 3, 4, 5 |
| F | Barrages et ouvrages hydrauliques | S, 1, 2, 3, 4, 5 |
| G | Fondations spéciales, drainage, injections | 1, 2, 3, 4, 5 |
| H | Sondages géotechniques et forages hydrogéologiques | 1, 2, 3 |
| I | Travaux d’électricité | 1, 2, 3, 4, 5 |
| J | Travaux de plomberie et sanitaires | 1, 2, 3, 4, 5 |
| K | Climatisation, ventilation, chauffage | 1, 2, 3, 4, 5 |
| L | Menuiserie métallique et serrurerie | 1, 2, 3, 4, 5 |
| M | Menuiserie bois et ameublement | 1, 2, 3 |
| N | Étanchéité et isolation | 1, 2, 3 |
| O | Revêtements | 1, 2, 3 |
| P | Plâtrerie et faux plafonds | 1, 2, 3 |
| Q | Peinture | 1, 2, 3 |
| R | Travaux artisanaux de bâtiment | 1, 2, 3 |
| S | Monte-charges et ascenseurs | 1, 2, 3 |
Une entreprise peut être qualifiée et classée dans plusieurs secteurs simultanément, à condition de satisfaire aux critères de chacun. Les moyens humains et matériels peuvent être partagés, mais la commission vérifie que les capacités sont réelles pour chaque secteur demandé.
Les critères d’évaluation du dossier Q&C
La commission nationale Q&C évalue chaque dossier sur 3 critères principaux. Voici ce qu’elle examine concrètement.
Moyens humains
- Personnel d’encadrement permanent : ingénieurs, techniciens, conducteurs de travaux
- Nombre minimum d’ingénieurs requis selon le secteur et la classe visée
- Ancienneté et qualifications professionnelles du personnel clé
- Masse salariale brute déclarée à la CNSS : doit atteindre un seuil minimum en pourcentage du chiffre d’affaires
Les diplômes et contrats de travail sont vérifiés. Un ingénieur déclaré dans deux dossiers distincts ne sera comptabilisé qu’une seule fois.
Moyens matériels
- Liste de matériel minimum que l’entreprise doit posséder en propre (justifié par facture d’achat ou carte grise)
- Le matériel doit correspondre aux besoins des qualifications et classes demandées
- Des visites sur place peuvent être effectuées par la commission pour vérification
Le matériel loué ou mis à disposition n’est généralement pas accepté. Seul le matériel en propriété propre est pris en compte.
Références et capacités financières
- Chiffre d’affaires réalisé directement par l’entreprise (hors sous-traitance) sur les 3 dernières années
- Capital social de l’entreprise (exigé pour les secteurs A, B, C, D, E, F, G et I)
- Références de travaux : nature, montant, lieu, date d’exécution, maître d’ouvrage
- Seules les prestations exécutées avec le propre personnel et matériel de l’entreprise sont retenues
Un dossier mal monté sur ce point est la première cause de refus ou de déclassement. C’est souvent là que l’accompagnement d’un cabinet spécialisé fait la différence.
Pourquoi obtenir sa qualification BTP au Maroc ?
La qualification BTP Maroc n’est pas qu’une formalité administrative. C’est un levier concret pour le développement commercial de l’entreprise.
Accès aux marchés publics
Sans certificat Q&C, impossible de soumissionner aux appels d’offres publics dépassant les seuils réglementaires. Or, les marchés publics BTP représentent une part majeure de l’activité du secteur au Maroc, notamment dans les grandes villes (Rabat, Casablanca, Marrakech) et les projets d’infrastructure nationaux.
Crédibilité et confiance
Le certificat Q&C est un signal fort auprès des donneurs d’ordre privés, des banques et des partenaires. Il prouve que l’entreprise est structurée, déclarée et capable d’assumer des engagements contractuels.
Développement commercial
Une classe plus élevée ouvre l’accès à des marchés de plus grande envergure. Monter en classe, c’est augmenter son plafond de chiffre d’affaires sur les marchés publics BTP. Beaucoup d’entreprises sous-estiment cet effet de levier.
Avantage concurrentiel
Dans les appels d’offres restreints, la classe et le secteur de qualification sont des critères de présélection. Une entreprise bien classée est sélectionnée avant même l’évaluation des offres.
Vous préparez votre dossier Q&C ? Locost vous accompagne de A à Z
Constitution du dossier, vérification des pièces, optimisation des références, dépôt et suivi auprès de la DATRP : notre cabinet prend en charge l’intégralité de la procédure pour les entreprises BTP au Maroc.
FAQ
Quelle est la différence entre qualification et classification BTP au Maroc ?
La qualification reconnaît l’aptitude qualitative de l’entreprise à réaliser un type de travaux précis (ex. : fondations spéciales, travaux routiers). La classification reconnaît sa capacité quantitative, c’est-à-dire le volume financier de marchés qu’elle peut exécuter annuellement. Les deux opérations sont distinctes mais menées de façon successive dans le même dossier, conformément au décret n° 2-94-223.
Combien de temps dure la procédure de qualification BTP au Maroc ?
Le délai réglementaire est de 60 jours à compter du dépôt d’un dossier complet. En pratique, ce délai peut s’allonger si des pièces complémentaires sont demandées. Anticiper la constitution du dossier est donc essentiel, surtout si un appel d’offres est en vue.
Quels documents fournir pour la qualification et classification des entreprises BTP ?
Les principaux documents sont : attestation CNSS (masse salariale des 3 derniers exercices), attestation fiscale avec chiffre d’affaires, bilans certifiés, liste du personnel d’encadrement avec diplômes, inventaire du matériel avec justificatifs de propriété, et références de travaux avec PV de réception signés par les maîtres d’ouvrage. La liste complète figure dans le guide de procédures disponible sur equipement.gov.ma.
Peut-on être classé dans plusieurs secteurs BTP simultanément ?
Oui. Une entreprise peut obtenir une qualification et une classification dans autant de secteurs qu’elle le souhaite, à condition de satisfaire aux critères spécifiques de chacun. Les moyens humains et matériels peuvent être partagés entre secteurs, mais la commission vérifie que les capacités sont réelles pour chaque secteur demandé.
Que se passe-t-il en cas de déclassement ?
Le Ministre de l’Équipement peut prononcer un déclassement à la classe immédiatement inférieure dans deux cas : réduction significative des moyens humains ou matériels, ou résiliation au tort de l’entreprise d’au moins deux marchés au cours d’une même année. En cas de fraude ou de falsification de pièces, le retrait temporaire (6 mois à 2 ans) ou définitif du certificat peut être prononcé, sans préjudice des poursuites pénales.




